Trois kilomètres de haies pour lutter contre les inondations
La plantation de ligneux indigènes a officiellement débuté à Walhain. Une initiative concrète qui s’inscrit dans la lutte communale contre les inondations et qui repose sur une collaboration étroite avec le monde agricole.
À l’origine du projet, suivi par l’éco‑conseillère Christine Fouarge, se trouve une dotation régionale attribuant à chaque commune de Wallonie une enveloppe fixe destinée à la réalisation de nouvelles plantations sur son territoire. Par la suite, Donovan Nkot, agent chargé de la gestion des inondations à la Commune de Walhain, en assure désormais la mise en œuvre. « Je suis là pour encadrer le processus, mettre en place les conventions avec les agriculteurs et faire le suivi des plantations de ligneux indigènes en collaboration avec l’entreprise walhinoise Phitech. En 2025, lors de la réunion annuelle avec les agriculteurs, la plantation de haies a été abordée comme une solution pour restructurer le paysage et contribuer au rétablissement des cycles hydrologiques en milieu rural. Après la présentation et les réponses aux questions légitimes que chacun pouvait se poser, plusieurs agriculteurs sont revenus vers nous. »
Des conventions ont ainsi été signées avec cinq exploitants.
L’objectif principal de l’initiative est de favoriser la plantation d’essences locales afin de renforcer la biodiversité et de contribuer à des objectifs d’intérêt public, notamment la lutte contre les inondations. « Les haies protègent les sols agricoles, limitent les coulées de boue et favorisent l’infiltration de l’eau dans le sol. Dans le cadre du subside régional, la commune disposait d’un choix d’environ 60 essences indigènes. En fonction des caractéristiques du terrain, des attentes des agriculteurs et des recommandations techniques de Phitech, entre cinq et dix essences ont été sélectionnées pour chaque haie. Le choix varie également selon les objectifs poursuivis, comme l’accueil de la petite faune des plaines ou des oiseaux. »
La Région wallonne a octroyé à Walhain un subside de 41 000 euros, à utiliser avant 2027, pour financer la plantation de ligneux indigènes, ce qui signifie que ce projet ne coûte rien à la Commune. « Par la suite, la Commune s’engage à assurer l’entretien et la taille des haies pendant une durée de 15 ans, ce qui constitue un élément essentiel pour garantir leur efficacité dans le temps.
Un tel engagement est relativement unique : Walhain fait partie des rares communes ayant choisi de s’inscrire dans une démarche de long terme avec les agriculteurs. En effet, la gestion après plantation est une question clé. Nous voulions proposer une solution “clé en main” aux agriculteurs. Dans ce projet, ils ne devront assumer aucune dépense ». La commune réfléchit également à des projets complémentaires, comme la valorisation des tailles pour les parterres communaux ou pour les agriculteurs, notamment dans le fumier. »
Ce mardi 2 février 2026, 140 plants ont été mis en terre rue des Tumuli. « Ils sont disposés sur deux rangées afin d’obtenir un maximum d’efficacité, explique Antonin Reuliaux (Phitech). Le tout repose sur un véritable savoir‑faire. Au total, trois kilomètres de haies seront plantés aux emplacements définis en concertation avec les agriculteurs (en plus de la rue des tumilis : Rue Chapja, Rue des Anglées, Rue Fond des Saussalles et La Chasse). L’ensemble des plantations devrait être terminé d’ici la fin de l’hiver.» Les distances prévues sont les suivantes : environ 400 mètres à Walhain, un kilomètre à Lerinnes, 300 mètres à Saint‑Lambert et 1,2 km à Libersart.
Du côté de Phitech, l’implication est aussi personnelle que professionnelle.
« Notre société est locale : j’habite Walhain, je suis fils d’agriculteur et très attaché à mon terroir. Le protéger et l’entretenir est une mission qui me tient à cœur. Une grande partie des plants utilisés provient d’ailleurs de notre pépinière, située ici même à Walhain », conclut Antonin Reuliaux.